Elle a 50 ans tsé !
- LadyBaroudeuse

- il y a 1 jour
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Dernière mise à jour : il y a 15 heures
Hier soir on a été voir Dany Boon avec mon fils à Forest National ("Clown n'est pas un métier"). Excellent spectacle (avec la chouette 1ère partie de Nash, très présente sur les RS) avec des sketches qui relatent fidèlement et avec humour notre quotidien dans cette époque et cette société un peu lunaires (avec l'IA, les QR-codes, les applis, mais aussi beaucoup d'assistés), dans lesquelles on ne peut plus rien dire ni faire sans heurter la sensibilité de quelqu'un ("C'est excessivement énervant"...Vous avez la réf. ?).
Max va sur ses 26 ans et depuis ses 18 ans, il vit pleinement... son adolescence. J'ai lu quelque part sur la toile qu'aujourd'hui, elle se déroulait approximativement jusque 30 ans...Rien ne va plus, faites vos jeux ! Patience et volupté...Ou pas.
Il a été en crise pendant quelques années, typique (mais pas passage obligé), et c'est encore plus prononcé lorsque les parents sont séparés, car l'enfant vit mal l'absence de l'autre parent qui n'a pas la garde...et qui ne la prend souvent pas car ça l'arrange bien. Les exceptions confirment la règle. Il y a donc déséquilibre. Mon chti moi est parti de la maison au lendemain du décès de ma maman, ça nous a convenu à tous les deux, car on éprouvait chacun le besoin de vivre notre vie et notre deuil à notre façon, puis il est revenu il y a quelques mois, après déboires et relations toxiques. On est tout de même bien chez maman, hein. Oui, il s'appelle Maxime, et pas Tanguy. Les temps ont changé Madame Lucette.
Mais si Dany Boon a 59 ans (je suis super admirative de son énergie sur scène), moi, je viens d'en avoir...50. Depuis, la phrase d'une amie qui n'a pas encore passé ce très chouette cap, reste logée dans ma tête : "Et alors ? Ça fait quoi d'avoir 50 ans ?".
Au début, je faisais la maligne. Car c'est vrai, j'en suis persuadée, tout se passe dans la tête : on a l'âge de notre âme. Et, personnellement, je revendique depuis toujours être une gamine. Alors, oui. Mais non. C'est un raccourci très facile et très arrangeant. Et ce n'est pas tout à fait juste. Donc les premiers mois, je criais à qui voulait l'entendre que ça ne changeait absolument rien...et je zappais tout ce qui parlait de près ou de loin de la péri, de la ménopause et de tout ce qui est inhérent à l'âge. Je ne me sentais pas du tout concernée. Mais ça, c'était avant.
L'année dernière, en guise de mise en bouche, j'ai commencé par recevoir des mails concernant mon testament. Je les ai fissa glissé dans la corbeille. Puis, comme apéro, antécédents familiaux obligent, mon médecin m'a sommé d'aller consulter toutes sortes de spécialistes dans le cadre de mon circuit de dépistage. J'ai gentiment ralenti la cadence que prenaient les choses, car si risques il y a, on va peut-être se calmer un peu, hein. Car qui cherche, trouve. Je viens de subir l'ablation des mes ovaires et de mes trompes, la coloscopie attendra un chouia. Non peut-être. Oui, sûrement.
Un petit peu après, je constate qu'il m'est désormais impossible de lire tout ce qui est écrit petit, de près, et de loin, parfois les lettres que je peux lire sur différents panneaux, sont floues. Ça sent ce qu'on appelait avant de manière très sexy les lunettes double ou triple foyer, devenues aujourd'hui Varilux. Bien que ma collègue me conseille différentes paires, beaucoup plus efficace d'après elle. Je vais bien, tout va bien. Oui, je vais prendre rendez-vous chez un ophtalmo. Mais je me tâte : avant ou après la colo (scopie) ?
Depuis un mois et demi, je suis donc ménopausée (de gré et) "de force" (cf. posts sur le gène mutant BRCA1). Je refuse catégoriquement de rentrer dans un moule. Des bouffées de chaleur et des insomnies, j'en ai toujours eu. C'est hormonal et génétique. Même pas peur. La prise de poids ? C'est déjà fait. Reste l'humeur. Chieuse un jour, chieuse toujours, où est le problème ?
Le problème, c'est...qu'on le veuille ou non, oui, c'est difficile à écrire, à dire, encore plus à accepter, mais on vieillit. Et c'est normal (je ne dirai pas "c'est ok". Je suis une rebelle. Une vraie). Tout change. Les goûts. Les relations amicales et amoureuses. La façon de voir et d'appréhender les choses. Mais en réalité, tout vient petit à petit. Au fur et à mesure qu'on avance dans l'âge. Lorsque j'écris ces lignes, je pense très fort à ma maman, qui était mon mentor. Car je ne réalise que maintenant beaucoup de choses qu'elle m'a dites auparavant.
Depuis une petite dizaine d'années, mais depuis 5-6 ans davantage encore, je prends les choses et les gens avec énormément de distance. Je m'adapte. Ça ne se voit ni sur mon visage ni dans mon attitude, c'est " tout simplement" devenu une façon de fonctionner, avec beaucoup de détachement. Pas par je m'en foutisme. Mais bien pour préserver la bulle que je me suis créée tout au long des années. Mon cocon. Pour me protéger. Pour chouchouter mon bien-être physique et psychique. Mon cercle d'amis est quasi le même depuis des décennies. Certains partent, reviennent, repartent. D'autres arrivent. Quant à mes relations amoureuses...ce n'est même plus un sujet. Je garde volontairement privé mon petit jardin secret, et, au-delà, je n'ai plus du tout les mêmes attentes qu'il y a 20 ans.
50 ans. J'adore cet âge. Rempli de conscience...et de choses intenses. Outre tout ce qu'on en dit, chacun vit les choses différemment, il ne faut surtout pas généraliser, mais, au contraire, relativiser. Nuancer. Faire la part des choses. Faire preuve de discernement. Oui, une certaine fatigue est là à certains moments (surtout face à la bêtise humaine - oups! je l'ai écrit), et oui, le corps prend un peu cher. Mais si on a été intelligent, si on a eu et pris l'opportunité de s'aménager la vie qu'on désirait, si on a eu le courage et l'honnêteté de se remettre en question, de travailler sur soi, pour pouvoir être (enfin) soi-même (et pour tout envoyer valser si il faut), et si on est bien entouré, tout est plus facile. Ça fait pas mal de si. Mais c'est tout à fait possible, faisable, et surtout, surtout, ça vaut la peine. Car la vie est vraiment belle pour qui veut qu'elle soit belle. Peu importe l'âge.
"La vie à 50 ans, c’est comme un bon vin : elle a pris le temps de se révéler."





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