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Sous mon sein, la grenade

  • Photo du rédacteur: LadyBaroudeuse
    LadyBaroudeuse
  • 9 mars
  • 4 min de lecture

Lundi matin. Je me lève après avoir ouvert la fenêtre de ma chambre, les paupières encore chiffonnées, laissant à mon chat de 13 ans le temps de sortir de sa torpeur. Il fait un peu frais, mais le chant des oiseaux et les rayons du soleil me réchauffent le cœur, bien au-delà du cliché.


J'inspire. J'expire. Je respire. Je pense au fait que du changement naît l'évolution. Ce n'est pas de moi, c'est de Darwin.

Actuellement, il manque cruellement émotionnellement, moralement, et professionnellement de tout. Et ceux qui essaient à tout prix de combler ces manques finissent par s'épuiser. On peut choisir de l'ignorer ou de le prendre en considération.

Lorsque les manuels d'Histoire parlent de génération perdue, ils font en fait en référence à celle née entre 1883 et 1900, profondément marquée par les effets dévastateurs de la Première Guerre mondiale. Réapprenant à vivre ensuite, elle s'est soulevée contre les valeurs de leurs parents, sceptiques quant à l’autorité et cyniques envers le devenir de l’humanité. Ayant perdu la foi et l’espoir, nostalgiques, ils ont mis à mal toute une idéologie, recherchant la légèreté.

Je ne sais pas si on peut comparer cette période à celle que l'on vit aujourd'hui, comparaison n'est pas raison, mais on ne peut s'empêcher de faire un parallèle, plus de cent ans après. A l'ère du numérique, où tout est accessible, n'importe où, n'importe quand, n'importe comment et avec n'importe qui, il n'y a jamais eu autant de manque de communication, de malentendus, de quiproquos, de propagande, de détournements, de surexposition, de désinformation et de camouflage de l'évidence. Tout se dit et son contraire, et, en réalité, on en sait de moins en moins. Les titres sont lus, pas le contenu. On parcourt tout en diagonale sans connaître le fond, en s'en moquant de la forme, et, tout nous lie à la technologie numérique, au quotidien, mais beaucoup sont sociologiquement désepérément seuls. Il y a une banalisation du vrai malheur, une surenchère du bonheur (actes falsifiés dans le seul but d'attirer l'attention), une dramatisation de situations de vie, des scandales, de la rétention d'information, etc... En bref, aujourd'hui, tout existe mais rien n'est. De façon ironique, on n'évolue plus, on rétrograde. La société est en mutation, et je ne suis pas certaine que ce soit vers un mieux. Il faut réapprendre les bases de l'éducation, de l'instruction et de la communication.

"On ne peut guérir la partie sans soigner le tout. On ne doit pas soigner le corps séparé de l'âme, et pour que l'esprit et le corps retrouvent la santé, il faut commencer par soigner l'âme. Car c'est une erreur fondamentale des médecins d'aujourd'hui : séparer dès l'abord l'âme et le corps". Platon

Journée internationale des droits des femmes + 1. Hier, même si ça a été peut-être très plaisant d'avoir reçu des baisers ou des fleurs, pour moi, engagée, ce n'était pas la fête, non. C'était la lutte. Le combat. La résistance. La révolte. Pas pour qu'un tunnel ou qu'une rue porte le nom d'une femme. Ni pour le prolongement du délai de l'IVG. Ce n'est pas cela qui fera vraiment avancer les choses, les priorités sont ailleurs. Il y a la classe politique et ses représentants, qui ont des soucis de luxe, quand ils en ont, bien loin de la réalité d'un côté, et de l'autre, la vraie précarité et la non application des droits humains sur le terrain. Il n'y a pas toujours que la prise de parole dans les médias, aujourd'hui support très éphémère, le geste faussement compatissant ou l'intention qui comptent, il y a l'acte, surtout. Le vrai. L'utile. Le nécessaire. Le vital. On est dans une société à deux vitesses, et le fossé se creuse davantage au lieu du contraire. On régresse. On revient au Moyen-âge. Lentement mais sûrement. Insidieusement. Car dans un confort à crédit, miroir aux alouettes.

Aujourd'hui, officiellement, je suis une quinqua célibataire avec un enfant -devenu jeune adulte, et officieusement, je mène ma barque exactement comme je l'entends. Plus ou moins. Ce qui ne change pas, c'est que je me bats encore régulièrement contre le système, pour plaider ma cause ou celle de mes proches. Ma routine quasi depuis plus de 25 ans. De demandes dans chaque commune (et autant de refus) pour un logement social alors que j'étais seule avec un bébé dans les bras, en passant par des mois sans revenus parce qu'une administration avait perdu un document, des coups de téléphone, des séries de mails envoyés à différents organismes pour tout prouver alors que tout est informatisé, et j'en passe. La faute à l'incompétence de tous les employés de la chaîne. Au système. C'est du vécu, en boucle. Car c'est là un comble que ce soit encore le citoyen, n'ayant pas toutes les informations nécessaires la majorité du temps qui doive prendre congé et courir à gauche et à droite pour garder ce qui constitue sa dignité. Ils savent tout sur nous, mais veulent gagner du temps à nous le demander et nous font perdre le nôtre. Le temps, c'est de l'argent.

Qu'une place porte mon nom flatterait mon ego mais ne paierait ni mon loyer ni mes courses. Étendre le délai de l'IVG, que j'ai moi-même malheureusement déjà subie, est une idée saugrenue de plus, et déplacée de ce côté-ci du monde, quand on voit les moyens dont on dispose pour l'éviter et dont on sait au plus profond de sa chair qu'au plus vite c'est derrière nous au mieux c'est, sans tenir compte de tout le reste. Il me semble qu'il y a plus important et plus urgent à faire que de capter l'attention sur une fausse noble cause par tous les moyens : informer, accompagner et aider concrètement et prioritairement les femmes seules, pensionnées, malades et invalides, par exemple. On vit dans une société qui enfonce les plus faibles économiquement au lieu de les aider (car aussi bizarre que cela puisse paraître...ou pas, ce sont eux qui rapportent le plus, à coups d’intérêts et de frais) et qui acclame la représentation superficielle des personnes réseautées insipides, inodores et incolores, mais instruites de par leur classe sociale même si non éduquées, avec des beaux discours préparés par de petites mains et fortes du point de vue capitaliste. Dénoncer ne suffit pas, il faut agir.

Mais aujourd'hui le soleil brille, et j'aime à croire aux souffles nouveaux, différents. Pour moi, nous sommes le 8 mars toute l'année, et pas seulement dans mon calendrier.



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