Emprise - intro
- LadyBaroudeuse

- 10 avr.
- 4 min de lecture
Anxiété, hypervigilance, agitation
Amnésie post-traumatique et confusion
Peur de gêner
Estime de soi endommagée
Sentiment de honte
Tels sont les 5 signes principaux qui montrent que vous êtes sous emprise.
Le sujet est tellement vaste. Délicat. Dont on ne veut pas entendre parler. Mais dont on discute beaucoup un peu partout. A tel point qu'on croît le maîtriser. Qu'on veut rediriger et réinterpréter, quand on ne veut pas le nier.
"Libérer la parole". C'est devenu un slogan emblématique de notre société. A la limite de la propagande. Car attention à ne pas dire n'importe quoi, n'importe quand, n'importe comment et à n'importe qui. Ce serait de la manipulation, sinon. Et je n'ironise pas. Avant de prétendre vouloir rendre justice, il est judiciable d'être juste dans le témoignage, au préalable, et être certain de le faire pour de bonnes raisons. Mal faire ou le faire avec de mauvaises intentions desservirait la cause.
Cela ne signifie pas seulement dire ce qui nous passe par la tête, mais le faire de manière honnête, authentique, et respectueuse. A l'origine, c'est un acte de courage qui nécessite de la confiance en soi et une bonne connaissance de ses propres besoins et limites. A force, c'est devenu un fait de rébellion. Presque gratuit.
"Les réseaux sociaux ont donné le droit à la parole à des légions d'imbéciles qui avant ne parlaient qu'au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd'hui ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel." Umberto Ecco
Il y a la liberté de parole. Mais il y a la liberté de silence, aussi. Elles vont de pair avec le non-jugement, la bienveillance, la non-monopolisation de la parole, et bien sûr la non-violence physique et verbale. En parlant, on fait parfois un premier pas vers un mieux. En se taisant peut-être aussi.
"Je me venge, donc je suis ?" LadyB.
Que s’agit-il de libérer en parlant ? On est inéluctablement renvoyé à la notion de traumatisme – traumatisme vécu, plus ou moins enfoui dans l’inconscient, en tout cas inaccessible à la mémoire. Mais est-ce que parler efface comme par enchantement ce traumatisme ?
Ecrire. Coûte que coûte, écrire. Sur un bout de papier, à la volée, pour peu qu’on ait la chance de retrouver un ticket de Carrefour et un Bic qui fonctionne dans un sac à main trop grand, même pour Mary Poppins (pour ceux qui ont la réf. Pour les autres, tant pis), dans le petit cahier Atoma, en piteux état car on le trimbale de sac en sac, ou encore via son Smartphone. Mais écrire. Dans le bus. Dans le train. Dans un champ.
« Ecrire c’est hurler en silence », disait Marguerite Duras. Ecrire, c’est aussi, pour Jules Renard, « une façon de parler sans être interrompu ». Ecrire, c'est exprimer ses sentiments. On écrit lorsqu’on ne peut plus ni parler, ni se taire. Tout peut changer avec des mots. On peut tuer avec des mots. On peut sauver avec des mots. La nuance est un acte de résistance. On n’a pas besoin de tout savoir ni de tout raconter pour utiliser son discernement. Ecrire permet d’extirper, de digérer. D’expliquer. De comprendre. Sans (se) justifier. Sans (s’) excuser. Juste dire. L’indicible. L’inaudible. N'est pas toujours victime qui l'on croit.
Outrepasser les apparences.
Pas besoin de psy. lorsqu’on écrit. On brouillonne. On chiffonne. On jette. On recommence. On efface. On coupe. On colle. On recoupe. On recolle. On saisit. On garde. On classe. On sourit. On pleure. On rit.
Je viens d’avoir 50 ans, mon fils vient d’en avoir 26. Lui comme moi (les chiens ne font pas des chats), entiers, épicuriens, idéalistes mais réalistes, on n’a plus aujourd’hui ni le besoin, ni l’envie, ni l’énergie, ni le temps, ni l’argent, de perdre notre temps bêtement, avec des choses inutiles, stériles ou des gens et des situations toxiques, conscients qu’il passe très vite, ce temps, davantage encore depuis le décès de ma maman, survenu il y a 3 ans. Peut-être même depuis un peu avant, puisqu’on l’a aidée lorsqu’elle était en soins palliatifs chez elle à la maison (j’ignorais alors que c’était à ce point grave, sans doute dans le déni) alors que tous les deux, on travaillait plein temps. Elle devait venir habiter avec moi, mais elle n’en a pas eu le temps. Après la douleur de sa perte, puis le deuil, on essaie de relativiser les choses, car on sait qu’on a fait ce qu’on a pu, et on avance. Mais tout de même. On a été bouleversés et submergés, forcément chacun de manière différente, par toute cette charge émotionnelle qu’on n’avait jamais connu jusque-là. On a une grande famille sur papier, mais très petite dans la réalité. Tant et si bien que mon fils est allé habiter seul pendant 2 ans, chacun de nous vivant son chagrin comme il le pouvait. La tristesse ressentie pour un proche disparu est équivalente à l’importance du lien qu’on avait avec lui. Les mots manquent aux émotions dans ces circonstances. Même si comparaison n’est pas raison, et ce n’est pas un concours, on gravit tous des montagnes, bien d’autres vivent des moments tout aussi difficiles, parfois seuls, parfois sans outils et sans moyens, y compris celui de communiquer. Et certains, pendant cette période où pour nous le temps s’arrête, abusent de notre faiblesse, qu’on espère temporaire.





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