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Emprise - partie II

  • Photo du rédacteur: LadyBaroudeuse
    LadyBaroudeuse
  • 14 avr.
  • 3 min de lecture

Il ne se passe pas un jour sans que soient signalés des abus subis par des femmes. Psychologiquement. Physiquement. Sexuellement. Financièrement. Quand ce ne sont pas des féminicides. Il y a de vraies situations de détresse, parfois même des drames. Souvent intrafamiliaux. Mais on ne parle vraiment bien que de ce qu'on connaît bien. C'est ce qui fait la différence entre de l'information, qu'on relaie, et de l'expérience, qu'on partage. Ou pas. Et c’est un sujet que personnellement (malheureusement) je maîtrise, car petite, alors que j'étais en vacances à la campagne, j’ai été victime d'abus sexuels de la part d’un membre de la famille (j'ai appris récemment que c'est aussi arrivé à une autre personne de la famille), et durant toute mon adolescence, mon beau-père a humilié et violenté physiquement et psychologiquement ma mère alors qu'elle était malade, mais il a aussi tenté maintes fois de porter atteinte à ma dignité et à ma sexualité de différentes manières, et m’a harcelée sexuellement et psychologiquement pendant des années. Certaines amies, encore présentes dans ma vie aujourd'hui, pourraient en témoigner. Une certaine branche de la famille aussi. J'ai toujours réussi à me défendre (en me débattant, en hurlant, en laissant la clé sur la porte et en usant de différents stratagèmes), la peur au ventre en permanence, malgré l'incrédulité de ma mère et mon jeune âge.


Je ne vous dirai pas ici tout ce que je pense de #metoo. Je sais pourquoi je me suis tue jusqu'ici et je sais pourquoi je le couche sur ce blog aujourd'hui. Aux questions assez réductrices : "Pourquoi n'as-tu jamais rien dit ?" ou "Que ferais-tu si c'était arrivé à ta fille si tu en avais une ?" etc..., je répondrai d'abord que tant qu'on n'a pas vécu quelque chose, mieux vaut se taire. Observer. Analyser. Et écouter. Même les silences. Surtout les silences. Car dans beaucoup de ces situations, il y a méfiance. Tant par rapport à la curiosité malsaine, que par rapport à l'interprétation des faits, aux conséquences, aux actions et à l'attitude. Au fur et à mesure des lignes qui vont suivre, je développerai, lorsque ce sera nécessaire, si c'est nécessaire.


Je n'ai pas de fille. J'ai un fils. Et ce n'est pas parce que c'est un garçon, à l'aube de sa vie d'adulte, qu'il est à l'abri de la perversité et de tout ce qui va avec. Personne ne devrait avoir à payer pour une poignée d’hommes et de femmes qui abusent de leur pouvoir ou de leur force et qui ne savent pas contrôler leurs pulsions ou leurs frustrations. La discrimination se situe dans les deux sens, tout comme le respect doit être mutuel pour que les rapports entre êtres humains fonctionnent.


J'ai œuvré toute ma vie, de par mon background familial, à défendre les plus faibles. J'ai même travaillé durant quelques années pour "défendre la cause des femmes" dans une association-coupole féministe...que j'ai quitté ensuite car elle n'était pas alignée avec mes valeurs... sachant très bien ce que moi je voulais défendre. J’ai écrit quelques lignes, à demi-mots, sur ce qui m'était arrivé dans un blog pour qui savait le déchiffrer il y a une vingtaine d’années, que j’ai supprimé très vite ensuite. Je n’ai jamais porté plainte. Je n’y ai même jamais pensé. Pourquoi ? Tout simplement parce que le mal était fait. J’ai vécu avec. Je me suis construite au-delà. On ne revient pas en arrière. Jamais. Rien n'efface les marques laissées par ce type de blessures, indélébiles. Adulte, je me suis éloignée autant que j’ai pu de mon beau-père. Malgré les avis de ma mère. Jusqu'à penser changer de nom, puisqu'il m'avait adopté. Mais je ne me suis jamais vengée. A quoi cela aurait servi ? Si j’écris sur ce sujet aujourd’hui, c’est pour dénoncer ce qui va suivre.



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